La satisfaction de soi-même : un piège pour tout chrétien

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La satisfaction de soi-même : un piège pour tout chrétien

« Il y avait dans le pays d’Uts un homme dont le nom était Job ; et cet homme était parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal. »

Nous voyons là ce que Job était dans sa vie. Voyons maintenant ce qu’il avait.

« Et il lui naquit sept fils et trois filles ; et il possédait sept mille brebis, et trois mille chameaux, et cinq cents paires de bœufs, et cinq cents ânesses ; et il avait un très grand nombre de serviteurs ; et cet homme était plus grand que tous les fils de l’Orient. Et ses fils allaient et faisaient un festin, chacun dans sa maison, à son jour ; et ils envoyaient appeler leurs trois sœurs pour manger et pour boire avec eux. »  Job 1.1-4

Ces versets nous présentent le patriarche Job. Nous le découvrons entouré de tout ce qui pouvait lui procurer une place importante dans le monde et le lui rendre agréable. Nous pouvons dire que la main de Dieu le protégeait de toutes parts et avait répandu sur son chemin les plus riches bénédictions. Il possédait tout ce que le cœur naturel peut désirer : des enfants et des richesses en quantité ; de l’honneur et de la distinction plus que tous ceux qui l’entouraient. En bref, la coupe de son bonheur terrestre était comble. Mais le verset 5 va révéler qu’il existait dans son cœur une racine cachée qui devait être amenée à la lumière.

« Et il arrivait que, quand les jours de festin étaient terminés, Job faisait venir ses fils pour les purifier : il se levait de bonne heure le matin et offrait un holocauste pour chacun de ses enfants, car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils maudit Dieu dans leurs cœurs. Job faisait toujours ainsi.» Job 1.5

Voilà donc un homme modèle comme il y en a fort peu. Il était parfait, droit, pieux et se détournait du mal. Mais il fallait que Job soit éprouvé. Il existait dans son cœur une racine profonde, cachée, qui devait être amenée à la lumière et jugée. Voilà ce qu’il dit à la fin du verset cité: «Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils maudit Dieu ». Job semble ne pas penser à la possibilité d’un péché de sa part.

Combien de fois nous pouvons avoir la même attitude que Job, oubliant que tant que nous sommes encore dans ce monde, il est possible que nous péchions contre Dieu. Une âme qui s’est jugée et qui, brisée devant Dieu, sent son propre état, ses penchants et ses tendances, pensera avant tout à ses péchés et à la nécessité d’offrir un holocauste pour ceux-ci.

N’oublions pas, toutefois, que Job était réellement un saint de Dieu, participant de la vie divine et éternelle. Si nous ne saisissons pas clairement ceci, nous nous priverons d’une des grandes instructions de ce livre. Ce point est mis hors de doute au huitième verset du premier chapitre : « Et l’Éternel dit à Satan: As-tu considéré mon serviteur Job, qu’il n’y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ?»

Mais malgré tout cela, il n’avait jamais sondé les profondeurs de son cœur. Il ne se connaissait pas. Il n’avait jamais réellement saisi la vanité de sa propre réputation, ni sa totale corruption. Il n’avait jamais appris à dire : « Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien ». À moins que ce point de vue ne soit maintenu, le livre de Job ne sera jamais compris. Job fut appelé à passer par des exercices profonds et douloureux dont le vrai but nous échappera si nous n’avons pas l’œil sur le fait sérieux que sa conscience n’avait jamais été placée réellement en présence de Dieu, qu’il ne s’était jamais vu dans la lumière, ne s’était jamais mesuré à la mesure divine et ne s’était jamais pesé à la balance du sanctuaire de Dieu.  Contrairement à Job, saisi par les dimensions de la science de Dieu dans le psaume 139, David terminera ce psaume par une prière personnelle. Puisque Dieu sonde et connaît tout, David Lui demande de le sonder aussi, c’est-à-dire de mettre en lumière le fond de son cœur pour que les motivations qui l’animent et les préoccupations qui l’habitent soient mises à jour.

Tout le chapitre 29 du livre de Job renferme une plainte touchante au sujet de l’éclat terni de ses jours d’autrefois. Job a étalé la forte et profonde racine de la satisfaction de soi-même cachée dans son cœur. Cette racine trouvait un aliment dans les marques de la faveur dont Dieu l’entourait.

« Oh ! Que ne suis-je comme aux mois d’autrefois, comme aux jours où Dieu me gardait ; quand sa clarté luisait sur ma tête et que dans les ténèbres je marchais à sa lumière; comme j’étais aux jours de mon automne, quand le conseil secret de Dieu présidait sur ma tente; quand le Tout-Puissant était encore avec moi et que mes jeunes gens m’entouraient. » Job 29.2-5

Le ton et le caractère de cette lamentation prouvent, précisément, qu’il était nécessaire que Job soit éclairé pour apprendre à se connaître lui-même dans la lumière de la présence de Dieu qui sonde toutes choses. Job devait dès lors être dépouillé de tout cela. L’Éternel prend donc la parole pour demander à Job s’il est capable de comprendre l’immense complexité de la création et d’influer sur elle.

« L’Éternel reprit la parole et dit à Job : Le faiseur de reproches va-t-il faire un procès au Tout-Puissant? Celui qui veut corriger Dieu va-t-il répliquer ? » Job 40.1-2

Job répondit à l’Éternel et dit : Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche. J’ai parlé une fois et je ne répondrai plus ; et deux fois et je n’ajouterai rien. » Job 40.4-5

Job commence alors à comprendre la leçon, à reprendre sa place de créature devant son Créateur. « Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : C’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre. » Job 42.5-6

Le livre de Job fait découvrir comment le diable accuse les croyants, même les plus fidèles, mais aussi comment Dieu fixe des limites à l’activité néfaste de son ennemi envers les croyants. Il montre également que c’est pour bénir Son fidèle que Dieu permet aux circonstances contraires de s’abattre sur lui. Jusqu’à la fin des deux premiers chapitres, Job ne montre que de la piété de telle sorte que Satan a la bouche fermée devant Dieu qui peut alors lui faire constater l’intégrité de son serviteur.

Mais, dans les pensées profondes de Job, Dieu avait distingué des courants d’orgueil nés de la conscience qu’il avait de pratiquer une piété méticuleuse. Il désire faire progresser son fidèle serviteur, lui faire acquérir une connaissance plus profonde de son propre cœur, qui lui donnera, bénédiction suprême, une plus grande connaissance de l’amour divin, de Dieu lui-même. Les longues déclarations de ses amis ne feront pas saisir à Job la satisfaction qu’il avait de sa piété, et il faudra l’intervention de l’Éternel pour qu’il comprenne la leçon.

Le récit si détaillé de la douloureuse expérience de Job a réconforté bien des croyants lorsqu’ils traversaient des périodes difficiles. Il montre à tous que rien n’échappe à Dieu et que Son but est toujours de nous faire progresser dans la connaissance de ce que nous sommes et de ce qu’Il est, Lui. Or c’est un danger très perfide pour un croyant pieux que d’être satisfait de sa piété. C’est en se comparant aux autres que l’on peut être satisfait de soi-même.

La vraie piété nous conduit à ne pas penser à nous-mêmes, ni en bien ni en mal. Elle se définit en effet par nos relations avec Dieu, donc par la connaissance de Sa grâce sans laquelle ces relations n’existeraient pas, une connaissance qui n’est pas acquise une fois pour toutes, mais qui se développe au fil d’une vie de communion avec le Seigneur.

Job a découvert le grand Dieu de l’univers et s’est incliné devant Lui avec une heureuse soumission. En tant que chrétiens, nous découvrons le Dieu qui S’est pleinement révélé à la Croix : Jésus, pour la gloire de Dieu, a accepté en parfaite obéissance cette condamnation terrible et si injuste. Ce qu’Il a vécu en tant qu’homme sur la terre nous le rend plus proche et a fait de Lui un souverain sacrificateur capable de compatir à nos faiblesses (selon Hébreux 4.15).

Aussi l’expérience de Job nous incite à découvrir comme lui cette divine présence, source de paix dans les moments difficiles. Elle dissipe les « pourquoi » sans pour autant y répondre ; elle n’explique pas les causes, mais elle apporte le remède.

« Job répondit à l’Éternel et dit : Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche. J’ai parlé une fois et je ne répondrai plus ; et deux fois, et je n’ajouterai rien. » Job 40.4-5

« Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : C’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre. » Job 42.5-6

Dieu n’agit pas sur le principe du « donnant-donnant » : telle est la leçon qu’il voulait enseigner à Job. Les courants de propre justice qui traversaient les pensées de Job le portaient à croire que Dieu lui devait la bénédiction à cause de sa piété. Il apprend que tout est grâce et qu’être juste, c’est donner raison à Dieu. Cette leçon est pour nous aussi.

Lorsque les circonstances nous déconcertent, souvenons-nous que Dieu demeure sage, puissant et amour au-delà de tout ce que nous pouvons penser ou imaginer. Alors faisons-Lui pleinement confiance !

Denis KALOMBO

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